Test de Devil May Cry 5 – Le beat'em all Dantesque ?

Écrit par / Tests / samedi, 09 mars 2019 12:54

Après de nombreuses années, la série Devil May Cry nous revient non pas avec une suite de l’excellent reboot DMC, mais pour un 5ème épisode à part entière, qui s'inscrit dans la continuité directe de la saga. Les fans seront donc ravis de retrouver le Dante originel, mais est ce vraiment une bonne chose ?

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Informations :  
Editeur(s) / Développeur(s) : Capcom
Sortie France : 08 Mars 2019
Genre(s) : Beat'em All
Mode(s) : Jouable en solo

 

Je ne vais pas vous mentir, j'attendais ce Devil May Cry avec une certaine impatience, mais aussi et surtout avec pas mal d'appréhensions. Ceci dû au fait d'une démo qu'on avait pu toucher à la Paris Games Week, et retouchée également quand elle à été disponible au grand public sur le PSN. Une démo qui nous présentait un Nero aux commandes finalement peu représentatives du gameplay réel qui se cache dans la version finale de Devil May Cry 5. Comme quoi, il ne faut jamais jeter la pierre trop vite. Car très vite, mes appréhensions se sont envolées, pour me laisser découvrir un titre bien plus riche qu'il n'y parait.

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A commencer par son scénario qui, bien qu'il ne soit pas des plus excitants, propose une histoire plus mature (si on peut dire) par rapport au 4ème opus. Ici Nero n'est pas tracassé par ses états d'âme concernant sont amour de toujours, ou du moins, ce sentiment est relayé au second, voir même troisième ou 4ème plan. Non ici, l'histoire nous propose son lot d'enjeux démoniaques, sans pour autant nous faire exploser la tête ni même casser le 4ème mur. Je sais que certaines personnes ont trouvé la fin bâclée, mais d'un avis perso, elle me convient, et laisse entrevoir une suite qu'on espère pour bientôt. Quoi qu'il en soit, vous pouvez bien compter entre 12 et 15 heures de jeu pour boucler l'aventure une première fois, sachant que la rejouabilité est au rendez vous pour le terminer à 100%.

 

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Et si jusqu'à présent je n'ai parlé que de Néro, Devil May Cry 5 nous propose ici de prendre le contrôle de trois personnages. A coté du jeune blondinet, vous retrouverez donc ce bon vieux Dante, qui, même si il a pris de la bouteille n'en reste pas moins au top de son art. Ce sera aussi l'occasion de découvrir un nouveau venu, V. Sous ce nom d'une lettre se cache un personnage plutôt énigmatique, plus faible que les autres et dont le gameplay, même s'il apporte une certaine fraîcheur, a du mal à trouver sa place dans la série. Mais avant d'en parler en détail, revenons sur Nero.

 

Notre jeune héros n'a plus de quoi rougir face à Dante (bon en fait si, quand même un peu), le Devil Bringer n'est plus, puisque son bras droit a été arraché. Mais il est remplacé avec brio par le Devil Breaker. Cette prothèse aux multiples facettes a été conçue par Nico, notre nouvelle acolyte non dénuée de charme, et dont le tempérament sied à ravir à l'univers DMC. Il existe plusieurs sortes de Devil Breaker. Chacun a ses propres caractéristiques. « Ouverture » par exemple permet de faire apparaître une main électrique géante repoussant les ennemis ou encore d'être planté dans leur corps avant de déclencher une explosion, ou encore « Punch line » qui permet d'envoyer son poing à distance pour infliger plusieurs attaques et qui peut également servir de moyen de locomotion.

Ce ne sont que des exemple parmi tant d'autres, car la liste s'allonge au fur et à mesure de notre progression, nous donnant toujours un peu plus de possibilité de combos en fonction des effets actifs et / ou passifs des Devils Breakers. Ils ont quand même des points communs. A savoir la possibilité de s'en servir de grappin pour attirer vers soi les ennemis assez léger. Si au contraire ces derniers sont trop lourds, alors c'est vous qui fondrez sur eux. Aussi utiles soient-ils, les Devils Breakers sont aussi très fragile, et le fait de vous faire toucher pendant que vous en utilisez un le cassera, vous obligeant ainsi de passer au suivant.

 

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Vous pourrez en emporter qu'en quantité limité sur chaque mission, il faudra donc en prendre soin pour ne pas vous retrouver à court de prothèse. Au besoin, si vous vous retrouvez en position délicate, il vous reste la possibilité de déclencher une explosion manuelle du Devil Breaker que vous utilisez. Ceci à pour effet de vous donner un peu de répit, de blesser vos ennemis, mais aussi de passer au bras mécanique suivant. Cette manip peut finalement s'avérer plus utile qu'on ne le pense, nous ouvrant ici quelques combos supplémentaires. Si au départ la prise en main risque de paraître un peu lourde, il en est finalement rien, et Nero est capable de sortir des enchaînements SSS pour un style des plus convenables.

 

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Et si cette première parti de gameplay vous donne l'impression de donner de la profondeur au titre, attendez la suite. Car avec V, le gameplay est tout différent. Ce personnage au charisme de jeune ados gothique au flegme londonien nous propose ici quelque chose de totalement différent. N'étant pas taillé pour le combat, V n'en est pas moins qu'un puissant magicien qui invoquera trois créatures démoniaques à son service. Les attaques à distance sont ici remplacées par le corbeau Griffon, alors que la panthère Shadow s'occupera des attaques au corps à corps. Le Devil Trigger de Dante est ici remplacé par l’invocation de Nightmare le golem.

 

 

Pad en main, ça se traduit par le fait de diriger V tout en restant à distance des combats, alors qu'en appuyant sur les touches, vous enverrez vos sbires faire le sale travail. L'idée est bien pensée et rafraîchissante, mais en même temps, est assez déroutante quand au fait d'être intégrée dans un Devil May Cry. Ceci dû au fait de devenir plus ou moins spectateur des combats et non pas acteur à temps complet. Pourtant, on sent qu'il y a de bonnes idées derrière. Tout comme le fait que vos invocations ne sont pas immortelles. Et en cas de mise au tapis de l'un d'eux, vous serez contraint de vous approcher de leur essence pour qu'ils puissent récupérer plus vite et reprendre le combat.

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Ils peuvent également récupérer de la vie en restant proche de vous. Et vous pouvez les faire revenir en un clin d'oeil en utilisant les deux méthodes d'esquives mises à votre disposition. L'une utilisant Griffon, et l'autre Shadow. Si toutefois les deux sont KO, le fait d'invoquer Nightmare les fera revenir prêt à combattre instantanément. Si V ne peut pas prendre part au combat direct, il garde quand même un rôle crucial, car, une fois un ennemi mis en état de faiblesse, vous pourrez vous téléporter à coté de lui pour lui assener le coup de grâce avec votre canne. C'est tout bête, mais ça a son petit effet. Seulement, entre les différents ennemis à l'écran, la surveillance de l'un ou de l'autre de vos compagnons, ainsi que le fait de s'assurer de rester à bonne distance, fera que dans l'action, la lecture du jeu n'est pas des meilleurs, si bien qu'on finira par bourriner les touches un peu au hasard sans forcément y prendre de réel plaisir.

 

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Pour finir, parlons de Dante. Plus en forme que jamais, vous ne pourrez jouer avec lui qu'à partir de la dixième mission. Et dès qu'on le prend en main, on comprend pourquoi. Dante est sans aucun doute le personnage le plus abouti en terme de combos et de possibilités. Avec ses armes à distance et au corps à corps, qu'il est capable de changer en une fraction de seconde, le tout combiné à quatre styles de combats différents, offre des mixup plutôt étendus. Entre le Trickster pour les esquives, le Swordmaster pour les attaques au corps à corps, le Gunslinger pour les attaques à distance ou encore le Royalguard pour la défense, vous aurez tout ce qu'il faut pour affronter des hordes entières. Coté armes, les développeurs se sont tapé quelques délires.

 

Si on retrouve les classiques Ebony et Ivory ainsi que Rebelion, on pourra très vite rajouter le fusil à pompe, ou encore le lance roquette. Rien de bien extravagant pour le moment, mais c'est sans compter Cavaliere, la moto coupée en deux qui fait des ravages ou encore Dr Faust le chapeau qui utilise des démonites rouges (monnaie du jeu) pour attaquer, mais qui peu aussi vous en rapporter bien plus. A moins qu'il ne vous fasse tout perdre, car oui, c'est possible. Je ne vais pas vous faire le topo complet des armes de Dante, mais je penses que vous avez compris qu'on a là le personnage le plus abouti du jeu en terme de combos. Et on comprend facilement pourquoi il arrive si tard pour être incarné.

Un gameplay finalement très riche qui se partage entre ces trois personnages, mais dont (et je reste campé sur mes positions) celui de V viendra finalement casser le rythme malgré les bonnes idées qui y sont associées. C'est l'une des ombres au tableau qu'on peut trouver dans Devil May Cry 5. Et comme on va le voir, il y en a quelques unes d'autres encore. Mais attardons nous maintenant sur le design général du titre. Encore une fois, le moteur de Capcom, le RE Engine nous fait des merveilles. Nous avons là un titre nous donnant des personnages criants de vérité, avec leur animations peaufinées. Aussi bien au niveau des personnages principaux que des personnages secondaires (Lady et Trish par exemple dont on se demande finalement ce qu'elles font là).

 

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Le bestiaire également n'est pas en reste, et si on retrouve avec plaisir quelques anciens comme les Death Scissors ou encore des variantes d'Angelo, d'autres plus exotiques font leur apparition, et ont même emprunté leur design au reboot DMC Devil May Cry sur le coté design de démons dégueulasses. Tout ce beau petit monde à fait preuve d'un soin particulier, de la modélisation à l'animation. Il en va de même pour les décors. De Red Grave City, la ville aux allures de Londre dévastée par le Qliphoth, l'arbre démoniaque qui à tout anéanti sur son passage, aux entrailles de ce dernier, dont l'intérieur est teinté de bleu et de rouge, avec ses textures rappelant la chair fraîche.

 

Seulement voilà, aussi jolis soient-ils, les lieux visités manquent de diversité. Si en début de partie on est plutôt ravi de nos passages en ville, les nombreux passages dans le Qliphoth finiront par nous lasser. Chaque personnage ayant son histoire liée à celle des autres, vous ne manquerez pas de traverser des lieux plusieurs fois durant dans le Qliphoth, donnant un sentiment de tourner en rond, sans ne plus chercher à regarder les environnements. Certains passages étant aussi plutôt étroit, on se retrouve avec une caméra qui à du mal à se fixer au bon endroit, rendant la visibilité assez confuse. Pire encore avec V. Une monotonie visuelle qui s'installe rapidement et qui ne vous lâchera pas jusqu'à la toute dernière partie de l'histoire.

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Coté bande son en revanche, c'est très agréable. Les doublages en anglais sonnent juste, les musiques d'ambiances plutôt classiques côtoient les rifs plus rock des affrontements, le tout avec une uniformité en accord avec ce qui se passe à l'écran. On finira par parler rapidement de la connexion internet qui permet de jouer sur une coop asynchrone. C'est à dire qu'à quelques occasions, vous entendrez les ravages d'un autre joueur en train de fracasser du démon à quelques pas de vous, sans vraiment le voir. Sauf à des occasion encore plus rares ou de la vraie coopération sera présente, mais cette rareté place finalement cette fonction sur la tranche de l'anecdotique. Reste à voir si un mode de jeu en coop viendra avec une mise à jour, ce qui finalement pourrait être plutôt sympa. De plus en fin de chaque mission, vous pourrez laisser un pouce bleu à votre compagnon de fortune et lui permettre de gagner un orbe doré.

 

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Au final, Devil May Cry 5 ne va pas spécialement réinventer le Beat'em all, mais il le pousse dans ses retranchements, imposant ainsi de nouveaux standards. Et bien que certains passages cassent le rythme, le jeu se veut assez nerveux, le sentiment de puissance grandi au fur et à mesure de notre progression, l'ambiance Gothico burlesque avec ses tirades qui vont bien est toujours présente. Oui, on peut le dire, Devil May Cry 5 est bel et bien un Beat'em all Dantesque.

 

On aime
  • Dante au top de sa forme
  • Nero qui n'est pas en reste
  • Le style artistique
  • L'ambiance générale
  • Le Devil Breaker
  • Le mix up conséquent
  • Un rythme bien mené...
On aime pas
  • … mais cassé par les séquences avec V
  • Une caméra un peu capricieuse
  • Le manque de diversité des décors
  • Lady et Trish qui ont le rôle d'une plante verte

 

 

Note finale : 17/20

 

 

Informations supplémentaires

Rédacteur

venusmemnoch

venusmemnoch

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Comme beaucoup de jeux à l'époque ...
Pareil mais qu'est ce qu'il était dur comme jeu.
J'espère qu'on aura Kid Chameleon ...
venusmemnoch posted a comment in Test de Tom Clancy's The Division 2
Merci beaucoup ...
Kawaiyou posted a comment in Test de Tom Clancy's The Division 2
exactement ce que je pense ce test ! Bravo...

Tipeee

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